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Le traité de Tordedillas (1494)

Une superbe carte du partage du monde organisé par le célèbre traité de Tordedillas en 1494 (traité qui, sous l’égide du pape, divise le Nouveau Monde et toute future conquête entre Espagnols et Portugais).

Etabli le 7 juin 1494 dans la ville du royaume de Castille de Tordedillas (qui lui donnera son nom), ce grand traité international, qui intervient peu après le premier voyage de Christophe Colomb à travers l’océan Atlantique (1492), vise ainsi à partager le Nouveau Monde (considéré comme terra nullius) entre les deux puissances coloniales émergentes : l’Espagne (royaumes de Castille et d’Aragon) et le Portugal. Il définit ainsi comme ligne de partage un méridien situé à 370 lieues (1 770 km) à l’ouest des îles du Cap-Vert — méridien qui se situerait aujourd’hui à 46° 37′ ouest.

Suite à la prise de possession du Brésil par les Portugais (découvert peu de temps après par la signature du traité par Pedro Alvares Cabral), le traité de Tordedillas fait l’objet d’une petite révision plaçant ainsi le Brésil sous souveraineté portugaise, et attribuant de facto le reste des Amériques à la Castille.

La ligne de partage selon la bulle Inter cætera (en pointillés), selon le traité de Tordesillas (en violet), et son prolongement selon le traité de Saragosse (en vert).

A nouveau remis en question suite au tour du monde du Portugais Magellan (et du nouveau différend qui naît ainsi autour d’une nouvelle terre en débat entre les deux signataires – à savoir l’archipel des Moluques, importante zone d’approvisionnement en épices), le premier traité se voit dans la nécessité d’être complété de la localisation de la partie orientale de ce méridien, qui fait le tour du globe. Après de nouvelles tractations, le traité de Saragosse, signé le 22 avril 1529, établit ainsi la suite du méridien à 297,5 lieues à l’ouest de cet archipel, au profit du Portugal, l’Espagne se voyant attribuer quant à elle une compensation financière.

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